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Le projet Elmed renforce la coopération technologique entre l'Italie et la Tunisie.

La zone d'innovation tunisienne de Terna est passée de son lancement institutionnel à un programme opérationnel, avec des start-ups, des formations et des chantiers de construction énergétique.

Projet Elmed : un projet énergétique majeur dans le détroit de Sicile, comprenant un câble sous-marin, des stations de conversion et des solutions innovantes pour la transition énergétique méditerranéenne.
Giuseppina Di Foggia pour Terna et Faycel Tarifa pour la Société Tunisienne de l'Électricité et du Gaz lors de la présentation de l'accord de coopération signé à Tunis : cet accord renforce le dialogue technique et industriel entre les deux opérateurs, notamment en vue du développement, de la construction et de la gestion future de l'interconnexion Elmed (Photo : Terna).

L’énergie méditerranéenne ne repose pas uniquement sur les câbles sous-marins. Elle requiert une expertise, des entreprises capables d’expérimenter des solutions applicatives, des universités, des opérateurs de réseaux et des institutions capables de travailler sur le long terme. C’est dans cette perspective que s’inscrit le développement de l’énergie en Méditerranée. Zone d'innovation Terna Tunis, le premier hub africain du gestionnaire du réseau de transport italien, créé pour accompagner l'évolution du système électrique tunisien et renforcer la connexion technologique avec leItalie.

Le projet n'est plus seulement une initiative de diplomatie industrielle. Sa pertinence apparaît mieux lorsqu'on l'examine dans un contexte donné. Elmed, l'interconnexion en courant continu à haute tension promue par Terna e STEGL'opérateur des réseaux tunisiens d'électricité et de gaz, la NSW (Société de gestion des réseaux électriques et gaziers), est impliqué dans ce projet. L'interconnexion entre la Sicile et la Tunisie permettra de réunir deux systèmes électriques auparavant distincts, favorisant ainsi les échanges d'énergie bidirectionnels et une meilleure intégration des énergies renouvelables. La Zone d'innovation se concentre sur les aspects moins visibles de l'infrastructure : les capitaux techniques, entrepreneuriaux et organisationnels nécessaires pour qu'un projet de réseau d'envergure ait un impact sur l'économie locale.

L'implantation de ce pôle en Tunisie, partagée avec l'Institut culturel italien et la Chambre de commerce et d'industrie italo-tunisienne, témoigne d'un choix clair. Il ne s'agit pas seulement d'un centre d'entreprises, mais aussi d'un pôle de formation spécialisée, d'innovation ouverte, d'universités et de relations économiques bilatérales. Parmi les objectifs de Terna figurent des formations pour les professionnels du secteur, une collaboration avec les universités locales et l'École nationale d'ingénieurs de Tunis, des programmes d'incubation et l'accès, pour des startups sélectionnées, à des réseaux internationaux de partenaires industriels.

Projet Elmed : un projet énergétique majeur dans le détroit de Sicile, comprenant un câble sous-marin, des stations de conversion et des solutions innovantes pour la transition énergétique méditerranéenne.
Représentation du projet Elmed, l'interconnexion électrique qui reliera la péninsule tunisienne du Cap Bon à Partanna, en Sicile : le câble à courant continu haute tension, d'une capacité de 600 mégawatts, traversera le détroit de Sicile et permettra des échanges d'énergie bidirectionnels entre les deux rives de la Méditerranée (Photo : Hitachi Energy).

Pourquoi un opérateur de réseau s'intéresse aux entreprises émergentes

Pour un gestionnaire de réseau de transport d'électricité, collaborer avec des start-ups peut sembler s'éloigner de son cœur de métier. En réalité, la gestion d'un réseau électrique moderne exige des outils de plus en plus adaptés aux domaines d'activité de nombreuses entreprises émergentes : analyse de données, capteurs, prévision de la charge, maintenance prédictive, efficacité énergétique, logiciels industriels, systèmes de surveillance environnementale et solutions de flexibilité. La transition énergétique repose non seulement sur les nouvelles capacités installées, mais aussi sur la capacité à gérer la variabilité, la congestion, la sécurité d'exploitation et la qualité de service.

Le cas tunisien illustre particulièrement bien cette transition. La Tunisie ambitionne d'accroître significativement la part des énergies renouvelables dans son système électrique, avec un objectif de Pour cent 35 de capacité d'ici 2030. Selon les prévisions commerciales américaines mises à jour en 2026, le pays disposait d'environ 787 mégawatts de capacité installée d'énergies renouvelables, notamment solaire, éolienne et hydroélectrique. L'écart entre la capacité actuelle et les objectifs à moyen terme ne se limite pas aux infrastructures : il nécessite des réseaux plus robustes, des permis, des investissements, une expertise locale et des outils numériques pour gérer la production et la consommation décentralisées.

Dans ce contexte, la Zone d'Innovation tunisienne joue un rôle central. D'une part, elle apporte au pays l'expertise de Terna en matière de gestion des réseaux de transport d'électricité, d'intégration des sources non programmables et d'infrastructures de courant continu. D'autre part, elle offre aux entreprises locales un accès privilégié aux besoins industriels, aux marchés étrangers et à une clientèle potentielle. Cette dynamique se distingue des programmes d'accélération classiques : sa valeur réside non seulement dans la présentation ou la sélection des projets, mais aussi dans la capacité à vérifier l'applicabilité d'une solution dans des contextes réels, réglementés et techniquement complexes.

Des appels d'offres aux tests de marché pour les startups tunisiennes

La première sélection de Programme mondial de mise à l'échelle impliqué dans plus de 50 startups et scaleupsLes cinq réalités identifiées par Terna étaient Eau de Kumulus, NextAV, Kamioun, Solutions sans fil Be e astéroïdeLeur champ d'application ne se limite pas strictement au réseau électrique, mais aborde des problématiques récurrentes dans les économies méditerranéennes : l'eau, la mobilité, la logistique, les systèmes connectés, la surveillance et la durabilité opérationnelle. C'est précisément cette transversalité qui rend le programme intéressant pour les applications industrielles.

La nouvelle édition a consolidé le modèle et élargi le vivier de sélection. Les startups choisies parmi plus de 60 XNUMX candidatures sont Amperon Technologies, Solutions d'ingénierie orbitale, DeepVolt, ProVerdy e Moteurs PixiiLeur profil dresse le portrait d'une Tunisie technologique moins stéréotypée que celle souvent présentée dans le débat européen : intelligence artificielle industrielle, suivi de la consommation d'énergie, mobilité électrique, données environnementales et plateformes d'optimisation de la consommation. Dans ces domaines, la demande émane non seulement des gestionnaires de réseaux, mais aussi des secteurs de la production, de la logistique, des services publics, du BTP et des services urbains.

La tournée italienne des entreprises sélectionnées a donné au programme une dimension plus concrète. À Rome, les activités comprenaient des formations, des rencontres avec des entreprises, des opportunités de mise en relation et des présentations aux acteurs de l'écosystème de l'innovation. Pour une startup tunisienne, accéder à un marché comme l'Italie ne se résume pas à une simple visibilité : il faut maîtriser les normes techniques, la réglementation fiscale, les modèles contractuels, les procédures d'achat et les attentes en matière de croissance. Ces étapes sont souvent plus sélectives que l'obtention d'un financement initial.

La présence de partenaires tels que Attention au pont, ELIS e Microsoft Cela témoigne d'une approche plus globale du processus. Terna agit non seulement comme sponsor, mais aussi comme entité industrielle capable d'apporter des besoins concrets, une solide réputation et un réseau de relations. Pour les startups, cela peut faciliter la transition du prototype au marché. Pour le système tunisien, cela peut contribuer à fidéliser les compétences et à attirer des investissements ciblés. La limite résidera bien sûr dans la capacité à transformer les réunions et les programmes en projets pilotes, en contrats et en validations techniques mesurables.

Elmed en tant qu'infrastructure et en tant que demande de compétences

La connexion avec Elmed C'est le point le plus important sur le plan industriel. Le projet comprend un raccordement électrique en courant continu à partir de 600 mégawatts, autour de 220 kilomètres, en grande partie sous-marine, entre la Sicile occidentale et la péninsule tunisienne du cap Bon. Les stations de conversion seront construites en Partanna, dans la province de Trapani, et MlaabiDans la région de Menzel Temime, la technologie HVDC est généralement privilégiée pour les liaisons longues, sous-marines ou intersystèmes nécessitant un échange d'énergie avec un contrôle précis du débit.

Le projet est également entré dans une phase plus mature en ce qui concerne la chaîne d'approvisionnement. Prysmian a reçu le feu vert opérationnel pour la construction de l'interconnexion sous-marine, avec un contrat d'environ 460 millions d'euros. Hitachi Énergie Le contrat a été attribué pour environ 770 millions d'euros pour les stations de conversion. Ces chiffres placent Elmed parmi les grandes infrastructures de génie électrique, mais ils témoignent également du système complexe de compétences nécessaires à leur construction et à leur gestion.

Une interconnexion de ce type requiert des câbles, des convertisseurs, des systèmes de contrôle, des dispositifs de protection, une surveillance continue, une maintenance spécialisée et des capacités de coordination entre les opérateurs nationaux. Ces éléments créent un environnement propice aux fournisseurs, aux centres de recherche et aux entreprises technologiques travaillant sur les données, l'automatisation, l'efficacité énergétique, le diagnostic et la sécurité. Les start-ups ne construisent ni les câbles ni les stations de conversion, mais elles peuvent développer des outils utiles aux processus industriels qui s'articulent autour de réseaux plus intelligents et d'une consommation mieux maîtrisée.

Il ne s'agit pas seulement d'exporter de l'énergie d'Afrique du Nord vers l'Europe, une vision souvent simpliste. Une interconnexion bidirectionnelle peut contribuer à la sécurité des réseaux électriques, à la gestion des excédents, à la réduction des engorgements et à l'intégration des énergies renouvelables de part et d'autre. Cependant, les bénéfices dépendront de la capacité de la Tunisie à développer de nouvelles capacités de production propre, de son cadre réglementaire, de la viabilité financière des investissements et de la qualité de la coopération entre les opérateurs.

Projet Elmed : Coopération technologique entre Terna et STEG pour développer des réseaux plus résilients, des compétences spécialisées et de nouvelles opportunités industrielles entre l'Italie et la Tunisie.
De gauche à droite, Alessandro Prunas, ambassadeur d'Italie à Tunis, Giuseppina Di Foggia, PDG de Terna, Gilberto Pichetto Fratin, ministre de l'Environnement et de la Sécurité énergétique, Mohamed Ali Nafti, ministre tunisien des Affaires étrangères, des Migrations et des Tunisiens de l'étranger, Wael Chouchane, secrétaire d'État tunisien à la Transition énergétique, Faycel Tarifa, président-directeur général de STEG, et Fabrizio Saggio, coordinateur du comité de pilotage du « Plan Mattei » et conseiller diplomatique auprès de la présidence italienne du Conseil des ministres, se sont réunis à Tunis pour l'inauguration de la première Zone d'innovation africaine de Terna. Cette initiative renforce la coopération industrielle et technologique entre l'Italie et la Tunisie dans les secteurs de l'énergie, de la formation et de l'innovation. (Photo : Terna)

Un terrain d'expérimentation pour la politique industrielle méditerranéenne

La zone d'innovation de Tunis fait partie de la Plan MatteiMais son intérêt dépasse la dimension politique du partenariat. Ce projet illustre comment les infrastructures énergétiques deviennent également un instrument de politique industrielle. Partout où un grand projet de réseau voit le jour, la demande en techniciens, ingénieurs, logiciels, services de maintenance, analyses environnementales, cybersécurité, gestion des données et nouvelles compétences opérationnelles augmente. Le risque, si ces éléments ne sont pas développés localement, est que la valeur ajoutée reste concentrée dans les seuls grands contrats internationaux.

Dans cette optique, le programme tunisien vise à articuler trois niveaux : les infrastructures physiques, la formation du capital humain et l’intégration des entreprises émergentes dans des réseaux de marché plus vastes. La collaboration avec les universités et les acteurs locaux est essentielle pour éviter que le hub ne devienne une simple vitrine pour les start-ups. Le véritable test sera la continuité : des parcours récurrents, des indicateurs d’impact, des cas d’usage industriels, des contrats, des emplois qualifiés et la capacité des entreprises sélectionnées à se développer sans se déraciner de la région.

Pour l'Italie, la Tunisie représente un partenaire privilégié, de par sa situation géographique centrale et son système de production compatible avec les chaînes de valeur européennes. Pour la Tunisie, la relation avec Terna, STEG et le marché italien peut devenir un vecteur d'apprentissage industriel et une opportunité d'internationalisation. L'objectif n'est pas de reproduire des modèles d'innovation développés ailleurs, mais de concevoir des solutions adaptées aux besoins de la Méditerranée : réseaux résilients, énergie plus propre, utilisation efficace des ressources, mobilité durable et compétences techniques recherchées sur le marché du travail.

L'évaluation demeure nécessairement prudente. Un hub, à lui seul, ne peut transformer un système énergétique, et un appel à projets ne suffit pas à bâtir une chaîne d'approvisionnement technologique. Toutefois, l'association d'Elmed, de programmes pour les entreprises émergentes et de formations spécialisées confère au projet tunisien une dimension plus concrète qu'à son lancement. Aujourd'hui, l'événement ne réside plus dans l'ouverture d'un espace d'innovation à Tunis, mais dans la validation de son utilité au sein d'une transformation industrielle qui englobe les réseaux électriques, les collectivités locales et la capacité de traduire la coopération institutionnelle en expertise opérationnelle.

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